L’obligation d’information du vendeur
Tout vendeur immobilier est soumis à une obligation d’information précontractuelle (article 1112-1 du Code civil) : il doit communiquer à l’acheteur toute information dont il sait qu’elle est déterminante pour son consentement. Le manquement à cette obligation engage sa responsabilité, même si rien n’a été signé encore.
Plus largement, le dossier de diagnostic technique (DDT) est obligatoire : diagnostic de performance énergétique (DPE), état des risques naturels, amiante, plomb, termites selon la zone, électricité et gaz si installations de plus de 15 ans, métrage loi Carrez en copropriété.
Le dol : quand le silence devient fraude
Le dol par réticence est le fait de taire intentionnellement une information déterminante. Il est sanctionné par l’article 1137 du Code civil. Pour être caractérisé, trois éléments doivent être réunis :
- Une information que le vendeur connaissait
- Que l’acheteur ignorait et n’aurait pas pu découvrir seul
- Qui aurait été déterminante pour sa décision d’achat ou le prix payé
Les situations les plus fréquentes
- Surface inexacte : si la surface Carrez est supérieure de plus de 5 % à la réalité, réduction de prix proportionnelle (loi Carrez, 1 an pour agir).
- Nuisances cachées : bruit d’un établissement voisin, odeurs, travaux programmés à proximité connus du vendeur.
- Problèmes de voisinage : conflits récurrents avec des voisins non signalés.
- Sinistres antérieurs non déclarés : dommages couverts par l’assurance mais dissimulés à l’acheteur.
- Travaux illégaux : extension ou aménagement réalisé sans permis, transféré à l’acheteur à son insu.
Les recours disponibles
Selon la gravité :
- Nullité de la vente pour dol (article 1130 du Code civil) : 5 ans à compter de la découverte. Restitution du prix + dommages et intérêts.
- Réduction du prix : si le préjudice est évaluable mais ne justifie pas l’annulation.
- Garantie des vices cachés (article 1641 du Code civil) : 2 ans à compter de la découverte, si le défaut répond aux critères du vice caché.