Droit immobilier

L’acheteur se rétracte après la signature : que faire en tant que vendeur ?

Recours du vendeur quand l’acheteur renonce après le délai de rétractation ou ne se présente pas chez le notaire

Le vendeur est lié dès la signature — mais pas sans recours

Contrairement à l’acheteur qui bénéficie d’un délai de rétractation de 10 jours (loi SRU), le vendeur est engagé dès la signature du compromis. Si l’acheteur renonce ensuite sans motif légitime, le vendeur dispose de plusieurs recours.

Pendant le délai de rétractation (10 jours)

L’acheteur peut se rétracter librement, sans motif. Le vendeur ne peut rien faire : le dépôt de garantie doit être intégralement restitué dans les 21 jours. C’est la loi, et aucune clause contractuelle ne peut y déroger.

Après le délai de rétractation : les options du vendeur

Passé les 10 jours, l’acheteur n’a plus le droit de se rétracter librement — sauf si une condition suspensive (refus de prêt, refus de permis) ne se réalise pas. Si l’abandon est sans justification, le vendeur peut :

  • Conserver le dépôt de garantie (clause pénale, généralement 10 % du prix de vente) : c’est la solution la plus rapide et la plus courante en pratique.
  • Demander l’exécution forcée de la vente devant le tribunal judiciaire : le juge peut condamner l’acheteur à réaliser l’achat. Cette procédure est longue (1 à 3 ans) et aboutit rarement car un acheteur récalcitrant est difficile à financer.
  • Réclamer des dommages et intérêts complémentaires si le préjudice réel dépasse le montant du dépôt (frais engagés, perte de chance de vendre à un meilleur prix, etc.).

Le cas du refus de prêt

L’acheteur peut invoquer un refus de prêt pour se retirer sans perte — à condition que :

  • La condition suspensive d’obtention de prêt figurait bien dans le compromis
  • Il a effectué au moins deux demandes sérieuses auprès d’établissements de crédit dans les délais prévus
  • Les refus sont authentiques et justifiés

Un acheteur qui n’a déposé aucun dossier ou qui a demandé un montant impossible à obtenir ne peut pas valablement invoquer la condition suspensive.

Conseil des juristes de Lorna Discute : dès que l’acheteur manifeste des signes de désistement, envoyez une mise en demeure de réaliser la vente par lettre recommandée. Ce courrier préserve vos droits et fait courir des délais à l’acheteur. Conservez toutes les preuves des engagements pris.

Questions fréquentes

Oui, dans les 10 jours suivant la notification du compromis, sans motif ni pénalité. Passé ce délai, il ne peut se désister que si une condition suspensive ne se réalise pas (ex. refus de prêt). Hors de ces cas, le vendeur peut conserver le dépôt de garantie.
Oui, en théorie : le vendeur peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une exécution forcée de la vente. En pratique, cette démarche est longue et rare. La plupart des vendeurs préfèrent conserver le dépôt de garantie (10 % du prix) et remettre le bien en vente.
Oui, si la condition suspensive d'obtention de prêt figure dans le compromis et que l'acheteur a fait au moins deux demandes sérieuses auprès d'établissements de crédit. Un refus de prêt simulé ou non justifié ne permet pas de récupérer le dépôt.
Le dépôt doit être restitué dans les 21 jours suivant la notification de la défaillance de la condition suspensive (article L271-2 du Code de la construction). Tout retard ouvre droit à des intérêts de retard.
Le vendeur met l'acheteur en demeure par lettre recommandée de réaliser la vente. Sans réponse, il saisit le tribunal judiciaire pour exécution forcée ou constatation de la caducité du compromis avec conservation du dépôt.

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