Droit immobilier

Promesse de vente vs compromis : quelle différence et quels risques ?

Engagements, risques et différences entre promesse unilatérale et compromis de vente

Deux avant-contrats aux effets très différents

Avant la signature de l’acte authentique chez le notaire, acheteur et vendeur formalisent leur accord par un avant-contrat. Il en existe deux formes principales, aux conséquences juridiques radicalement différentes.

La promesse unilatérale de vente

La promesse unilatérale (article 1124 du Code civil) n’engage que le vendeur : il s’oblige à vendre le bien au prix convenu si l’acheteur décide de « lever l’option » dans le délai prévu (généralement 2 à 3 mois). L’acheteur reste libre de ne pas acheter — en contrepartie, il verse une indemnité d’immobilisation (5 à 10 % du prix) qu’il perd s’il renonce.

Point de vigilance : si la promesse est signée sous seing privé (sans notaire), elle doit être enregistrée auprès des impôts dans les 10 jours, sous peine de nullité (article 1589-2 du Code civil).

Le compromis de vente

Le compromis (promesse synallagmatique, article 1589 du Code civil) engage les deux parties : vendeur et acheteur sont tous deux tenus de conclure la transaction. L’acheteur verse un dépôt de garantie (souvent 10 % du prix) qu’il perd en cas de défaillance non justifiée. Le vendeur ne peut pas non plus se désister.

L’acheteur bénéficie du délai de rétractation de 10 jours (loi SRU). Après ce délai, il ne peut sortir du compromis que si une condition suspensive ne se réalise pas.

Tableau comparatif

  • Qui est engagé ? Promesse : le vendeur seul. Compromis : les deux.
  • L’acheteur peut-il renoncer ? Promesse : oui (il perd l’indemnité). Compromis : non sans condition suspensive.
  • Enregistrement aux impôts ? Promesse sous seing privé : obligatoire sous 10 jours. Compromis : non obligatoire.
  • Recommandé pour qui ? Promesse : l’acheteur qui veut du temps. Compromis : le vendeur qui veut sécuriser la vente.
Conseil des juristes de Lorna Discute : quelle que soit la forme choisie, faites rédiger l’avant-contrat par un notaire ou un professionnel. Les erreurs dans la rédaction des conditions suspensives ou des délais sont la première source de litiges lors d’une transaction immobilière.

Questions fréquentes

La promesse unilatérale n'engage que le vendeur : il s'oblige à vendre si l'acheteur lève l'option dans le délai prévu. Le compromis engage les deux parties : vendeur et acheteur sont tous deux tenus de conclure la vente, sous réserve des conditions suspensives.
Le vendeur est bloqué pendant toute la durée de la promesse (souvent 2 à 3 mois) et ne peut pas vendre à quelqu'un d'autre. Si l'acheteur ne lève pas l'option, le vendeur conserve l'indemnité d'immobilisation (généralement 5 à 10 % du prix).
Oui, par avenant signé des deux parties. Cela transforme l'engagement unilatéral en engagement mutuel et supprime la possibilité pour l'acheteur de 'perdre' l'indemnité en renonant.
Oui, si elle est signée sous seing privé (sans notaire), elle doit être enregistrée auprès du service des impôts dans les 10 jours suivant sa signature (article 1589-2 du Code civil). À défaut, elle est nulle.
Le compromis est plus sécurisé pour le vendeur car l'acheteur est aussi engagé. La promesse est plus avantageuse pour l'acheteur qui veut du temps pour décider. Dans les deux cas, le passage devant notaire reste recommandé.

Besoin d'aide pour votre litige ?

Qualifiez votre situation via le formulaire et recevez plusieurs offres d'accompagnement adaptées, sans engagement.

Obtenir de l'aide →