Droit du travail

Licenciement pour faute grave : peut-on le contester et comment ?

Définition de la faute grave, conséquences sur les indemnités et recours devant le conseil de prud'hommes

Qu'est-ce qu'une faute grave ?

La faute grave est une faute d'une gravité telle qu'elle rend impossible le maintien du salarié dans l'entreprise, même pendant la durée du préavis. Elle n'est pas définie par la loi mais par la jurisprudence : c'est le juge qui apprécie souverainement si les faits invoqués constituent une faute grave. La charge de la preuve appartient à l'employeur.

Les conséquences financières

Un licenciement pour faute grave prive le salarié de :

  • L'indemnité légale de licenciement
  • L'indemnité compensatrice de préavis (le contrat est rompu immédiatement)

En revanche, le salarié conserve :

  • L'indemnité compensatrice de congés payés (jours acquis non pris)
  • Le droit aux allocations chômage (ARE) — contrairement aux idées reçues

La procédure disciplinaire obligatoire

Même en cas de faute grave, l'employeur doit respecter la procédure :

  1. Convocation à un entretien préalable par lettre recommandée (avec délai minimum de 5 jours ouvrables)
  2. Entretien préalable au cours duquel le salarié peut se faire assister
  3. Notification du licenciement par lettre recommandée au minimum 2 jours ouvrables après l'entretien

Tout manquement à cette procédure rend le licenciement irrégulier, même si la faute est réelle.

Comment contester ?

Si vous estimez que les faits reprochés ne constituent pas une faute grave — ou qu'ils sont inexacts — vous avez 12 mois à compter de la notification pour saisir le conseil de prud'hommes. Le juge peut requalifier la faute grave en cause réelle et sérieuse (avec rétablissement des indemnités), ou en licenciement sans cause réelle et sérieuse (avec dommages et intérêts supplémentaires).

Conseil des juristes de Lorna Discute : conservez absolument les écrits échangés avec votre employeur autour des faits reprochés — emails, SMS, comptes rendus. La faute grave est souvent contestable : les juges sont exigeants sur la proportionnalité de la sanction aux faits, et sur l'absence de sanctions antérieures pour les mêmes faits.

Questions fréquentes

La faute grave rend impossible le maintien dans l'entreprise et prive le salarié de l'indemnité de licenciement et du préavis. La faute lourde suppose en plus une intention de nuire à l'employeur : elle prive également de l'indemnité de congés payés (rare en pratique).
L'insubordination répétée, le vol, les violences physiques, le harcèlement d'un collègue, la divulgation de secrets commerciaux, l'abandon de poste caractérisé. Mais c'est toujours le juge qui apprécie au cas par cas.
Oui : pas d'indemnité légale de licenciement, pas d'indemnité compensatrice de préavis. En revanche, le salarié conserve son droit aux allocations chômage et à l'indemnité compensatrice de congés payés.
12 mois à partir de la notification du licenciement (c'est-à-dire la réception de la lettre de licenciement) pour saisir le conseil de prud'hommes. Passé ce délai, l'action est prescrite.
Oui. En cas de faute grave présumée, l'employeur peut prononcer une mise à pied conservatoire, qui suspend le contrat (sans rémunération) dans l'attente de l'issue de la procédure disciplinaire. Elle doit être suivie rapidement d'une convocation à entretien préalable.

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