Droit immobilier

Compromis de vente signé : peut-on encore se rétracter ?

Délai de 10 jours, conditions suspensives et conséquences d'une rétractation après compromis

Le compromis de vente : un engagement ferme... avec une sécurité

Le compromis de vente (ou promesse synallagmatique) engage juridiquement les deux parties : le vendeur s’engage à vendre, l’acheteur à acheter. Mais la loi SRU (article L271-1 du Code de la construction et de l’habitation) offre à l’acheteur non professionnel une protection essentielle : un délai de rétractation de 10 jours, pendant lequel il peut revenir sur son engagement sans motif ni pénalité.

Comment se déroule le délai de rétractation ?

Le délai de 10 jours calendaires commence le lendemain de :

  • La première présentation de la lettre recommandée notifiant le compromis (si envoi postal)
  • La remise en main propre contre récépissé (si remis directement)

Si le 10e jour tombe un samedi, dimanche ou jour férié, le délai est prolongé jusqu’au premier jour ouvrable suivant.

Pour se rétracter, l’acheteur envoie simplement une lettre recommandée avec accusé de réception au vendeur ou à l’agent immobilier avant l’expiration du délai. Aucun motif n’est à invoquer.

Après le délai : les conditions suspensives

Passé les 10 jours, l’acheteur reste lié — sauf si une condition suspensive prévue au contrat ne se réalise pas. Les plus fréquentes :

  • Refus de prêt bancaire : si la banque refuse le financement (et que l’acheteur a fait des demandes sérieuses), la vente est annulée et le dépôt restitué intégralement.
  • Exercice du droit de préemption par la commune : la mairie peut se substituer à l’acheteur dans les zones couvertes par un droit de préemption urbain.
  • Obtention d’un permis de construire si prévu dans le compromis.

Si l’acheteur se rétracte hors délai et sans condition suspensive

Le vendeur peut :

  • Conserver le dépôt de garantie (clause pénale, généralement 10 % du prix)
  • Saisir le tribunal judiciaire pour obtenir l’exécution forcée de la vente (rarissime en pratique) ou des dommages et intérêts
Conseil des juristes de Lorna Discute : vérifiez toujours la date de première présentation de la lettre recommandée — c’est elle qui fait courir le délai, pas la date de signature. En cas de doute, envoyez votre rétractation la veille de l’expiration par recommandé électronique avec valeur légale.

Questions fréquentes

10 jours calendaires à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée notifiant le compromis, ou du lendemain de la signature si remis en main propre. Ce délai est ouvert uniquement à l'acheteur (article L271-1 du Code de la construction).
Non. Le délai de rétractation de 10 jours ne bénéficie qu'à l'acheteur non professionnel. Le vendeur est lié dès la signature du compromis et ne peut plus revenir dessus sans engager sa responsabilité.
La vente est annulée sans frais ni pénalités pour l'acheteur. Le dépôt de garantie versé lors de la signature (généralement 5 à 10 % du prix) doit lui être intégralement restitué dans les 21 jours.
Uniquement si une condition suspensive ne se réalise pas (refus de prêt bancaire, refus de permis de construire, exercice du droit de préemption par la mairie). En dehors de ces cas, l'acheteur perd le dépôt de garantie et peut être contraint à finaliser la vente.
Non. Le délai de 10 jours s'applique au compromis (promesse synallagmatique) et à la promesse unilatérale de vente, mais pas à l'acte authentique de vente signé chez le notaire, qui est définitif.

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