Droit de la Consommation

Virement frauduleux : comment récupérer son argent auprès de sa banque ?

En cas de virement frauduleux, votre banque est légalement obligée de vous rembourser dans le premier jour ouvrable suivant votre signalement (art. L133-18 Code monétaire et financier). Vous disposez de 13 mois pour contester. Voici comment agir étape par étape.

Vous avez été victime d'un virement frauduleux — spoofing, phishing, faux conseiller bancaire, arnaque aux cryptomonnaies — et votre banque rechigne à vous rembourser ? Vous n'êtes pas sans recours. La loi est de votre côté, à condition d'agir dans les délais. 🏦

Dans cet article, Lorna Discute vous explique vos droits exacts, les démarches à suivre et ce que vous pouvez faire si votre banque refuse de coopérer.

Ce que dit la loi : votre banque doit rembourser

L'article L133-18 du Code monétaire et financier est très clair :

En cas d'opération de paiement non autorisée, votre banque doit vous rembourser immédiatement, et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre signalement.

Ce n'est pas une faveur commerciale — c'est une obligation légale. La banque ne peut refuser que dans un seul cas : si elle prouve que vous avez vous-même commis une fraude.

Quel est le délai pour agir ?

Selon l'article L133-24 du Code monétaire et financier, vous disposez de 13 mois à compter de la date de débit pour signaler l'opération frauduleuse à votre banque. Passé ce délai, vous êtes forclos — vous perdez définitivement le droit de contester.

👉 Conseil Lorna Discute : dès que vous constatez un virement suspect sur votre relevé, contactez votre banque par écrit (e-mail ou courrier recommandé) le jour même et conservez la preuve de cet envoi.

Les principales arnaques concernées

Le spoofing bancaire (faux conseiller)

Un escroc usurpe le numéro officiel de votre banque et vous appelle en se faisant passer pour un conseiller. Il vous convainc de valider un virement « de sécurité ». La Cour de cassation a jugé à plusieurs reprises que ce type d'arnaque rend le virement non autorisé au sens de la loi, car votre consentement a été vicié par la tromperie. La banque ne peut pas invoquer votre négligence dans ce cas.

Le phishing (hameçonnage)

Vous cliquez sur un lien frauduleux qui usurpe l'apparence de votre banque, et vos identifiants sont volés. Si vous n'avez pas vous-même initié le virement en connaissance de cause, la banque doit rembourser. Voir notre guide : Phishing : soyez vigilant sur les informations que vous communiquez.

L'arnaque aux cryptomonnaies et faux CGP

Un faux conseiller en gestion de patrimoine vous convainc d'investir sur une plateforme frauduleuse. Si vous avez effectué des virements vers un compte tiers sur ses instructions, la responsabilité de la banque peut être engagée si elle n'a pas détecté des opérations atypiques.

Les 4 étapes pour récupérer votre argent

Étape 1 : Signaler immédiatement à votre banque

Contactez votre banque par écrit (e-mail ou courrier recommandé) en indiquant : la date du virement, le montant, le bénéficiaire et la nature de la fraude. Mentionnez explicitement l'article L133-18 du CMF et demandez le remboursement sous 1 jour ouvrable.

Étape 2 : Déposer plainte

Rendez-vous en commissariat ou en gendarmerie, ou utilisez la plateforme THESEE (disponible 24h/24) pour déposer plainte en ligne pour escroquerie. Le récépissé de plainte renforce votre dossier auprès de la banque.

Étape 3 : Saisir le service de réclamation de la banque

Si la banque refuse ou ne répond pas sous 10 jours, adressez une réclamation formelle par lettre recommandée à son service dédié. Citez l'article L133-18 CMF, joignez votre plainte et demandez une réponse sous 15 jours.

Étape 4 : Le médiateur bancaire

Sans réponse satisfaisante sous 2 mois, saisissez le médiateur bancaire de votre établissement (gratuit, délai de 90 jours maximum). Ses coordonnées figurent sur les relevés de compte et le site de votre banque. Sa décision n'est pas contraignante mais est suivie dans la grande majorité des cas.

Et si la banque invoque votre « négligence grave » ?

L'article L133-23-1 du CMF permet à la banque de s'exonérer si elle prouve une négligence grave de votre part (ex. : vous avez communiqué vos codes à quelqu'un sans y être contraint). Mais la charge de la preuve lui appartient entièrement. Un simple clic sur un lien de phishing ne constitue généralement pas une négligence grave au sens de la loi.

👉 Si votre banque invoque ce motif de façon abusive, un avocat spécialisé peut contester cette position devant le tribunal judiciaire.

Besoin d'un accompagnement ?

Chez Lorna Discute, nous mettons en relation les victimes de fraudes bancaires avec des avocats spécialisés, notamment Maître Alban Bizieux, avocat au barreau de Paris, dont l'expertise couvre spécifiquement les virements frauduleux, le spoofing et les arnaques à l'investissement. Décrivez votre situation en 2 minutes — vous recevrez des offres adaptées sous 48h.

🔎 Références officielles

Questions fréquentes

Oui. L'article L133-18 du Code monétaire et financier impose à votre banque de vous rembourser le montant d'une opération non autorisée au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre signalement. Elle ne peut refuser que si elle prouve une fraude de votre part.
Vous disposez de 13 mois à compter de la date de débit pour signaler une opération non autorisée à votre banque (art. L133-24 Code monétaire et financier). Passé ce délai, vous êtes forclos et ne pouvez plus agir.
Si votre banque refuse sans motif valable, saisissez d'abord son service de réclamation par écrit, puis le médiateur bancaire (gratuit, réponse sous 90 jours). En cas d'échec, un avocat spécialisé peut engager la responsabilité de la banque devant le tribunal judiciaire.
Oui dans la grande majorité des cas. La Cour de cassation a jugé que l'usurpation du numéro de téléphone officiel de la banque (spoofing) rend le virement 'non autorisé', car le consentement de la victime a été vicié. La banque ne peut pas invoquer votre négligence dans ce cas.
Conservez tous les éléments : captures d'écran des messages, enregistrements d'appels si possible, numéro de l'escroc, date et heure du virement, et toute communication avec la banque. Déposez également plainte en commissariat ou via THESEE (plateforme en ligne du ministère de l'Intérieur).

Besoin d'aide pour votre litige ?

Qualifiez votre situation via le formulaire et recevez plusieurs offres d'accompagnement adaptées, sans engagement.

Obtenir de l'aide →