Droit des étrangers

IRTF : tout savoir sur l'interdiction de retour sur le territoire français

Vous faites l'objet d'une IRTF ou d'une OQTF ? Découvrez ce que cette mesure implique concrètement, sa durée, ses conséquences et comment la contester ou demander son abrogation.

Mots clés : IRTF * interdiction de retour * OQTF * droit des étrangers * expulsion * recours * abrogation

Vous avez reçu une IRTF ? Voici ce que cela signifie concrètement

L'interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) est une mesure administrative prononcée par le préfet, le plus souvent en complément d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Elle interdit à un ressortissant étranger de revenir non seulement en France, mais sur l'ensemble de l'espace Schengen, pendant une durée déterminée. Issue de la directive européenne dite « Retour » de 2008, elle a été intégrée en droit français par la loi du 16 juin 2011 et encadrée par les articles L612-6 à L612-11 du CESEDA.

L'Essentiel

  • Ce que dit la loi : les articles L612-6 à L612-11 du CESEDA encadrent les cas où une IRTF peut être prononcée, sa durée et les possibilités de recours.
  • Durée : 5 ans maximum en règle générale, 10 ans en cas de menace grave pour l'ordre public.
  • Point de départ : le décompte commence uniquement à partir du jour où vous quittez effectivement l'Union européenne.
  • Conséquence majeure : l'IRTF bloque toute demande de visa, de titre de séjour ou de régularisation.
  • Recours possible : contestation devant le tribunal administratif dans un délai d'1 mois (7 jours en rétention).

Quand une IRTF est-elle prononcée ?

Les cas automatiques (de plein droit)

  1. OQTF sans délai de départ volontaire : l'IRTF est automatique, sauf circonstances humanitaires exceptionnelles.
  2. Maintien en France au-delà du délai de 30 jours fixé par l'OQTF : une nouvelle IRTF est obligatoire si une nouvelle OQTF est notifiée.

Les cas facultatifs

Le préfet peut décider de prononcer une IRTF en même temps qu'une OQTF avec délai de départ volontaire, selon votre situation personnelle et vos liens avec la France.

Quelle est la durée d'une IRTF ?

  • Jusqu'à 5 ans dans les cas standards.
  • Jusqu'à 10 ans en cas de menace grave pour l'ordre public.
  • Prolongation de 2 ans maximum possible si vous êtes revenu ou resté en France malgré l'IRTF, sans dépasser 5 ans au total.

Attention : le décompte ne commence qu'à partir du moment où vous quittez physiquement le territoire de l'Union européenne.

Quelles sont les conséquences concrètes ?

  • Inscription au fichier Schengen (SIS) : aucun pays Schengen ne peut vous délivrer un visa.
  • Impossibilité de régularisation : toute demande de titre de séjour est bloquée.
  • Aucune naturalisation possible pendant la durée de l'IRTF.
  • Risque pénal en cas de retour : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et une interdiction du territoire français (ITF).
  • Pas d'obstacle à une demande d'asile : l'IRTF ne bloque pas cette démarche.

Comment contester ou faire abroger une IRTF ?

Contester devant le tribunal administratif

  • En situation normale : 1 mois à compter de la notification.
  • En rétention administrative : 7 jours.

Si l'OQTF est annulée, l'IRTF est automatiquement annulée avec elle.

Demander l'abrogation au préfet

À tout moment, le préfet peut abroger l'IRTF sur demande, notamment en cas de changement de situation personnelle ou familiale. Cette démarche nécessite en pratique d'avoir quitté le territoire.

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Questions fréquentes

L'OQTF est l'ordre de quitter la France. L'IRTF est une mesure complémentaire qui interdit le retour sur le territoire français et dans tout l'espace Schengen, pour une durée pouvant aller jusqu'à 5 ans (voire 10 ans en cas de menace grave pour l'ordre public).
La durée ne commence à se décompter qu'à partir du jour où vous quittez physiquement le territoire de l'Union européenne. Tant que vous restez en Europe, même dans un autre pays que la France, le délai ne court pas.
Oui, vous pouvez contester l'IRTF devant le tribunal administratif, en même temps que l'OQTF. Le délai est d'1 mois en situation normale, réduit à 7 jours si vous êtes placé en rétention administrative.

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