Un prêt informel à un proche sans reconnaissance écrite peut sembler simple, mais le non‑remboursement devient rapidement un casse‑tête. Pourtant, même sans contrat signé, la loi vous offre des solutions pour récupérer votre argent. Découvrez les preuves acceptées, les démarches amiables et judiciaires, et comment sécuriser votre créance.

Preuves acceptées sans reconnaissance écrite
Quelles preuves pour justifier un prêt informel ?
Même sans reconnaissance de dette, la loi autorise le remboursement si vous pouvez prouver l’existence du prêt via :
- Commencement de preuve par écrit, comme des emails, SMS, ou relevés bancaires mentionnant le prêt.
- Force majeure : perte du document suite à un événement imprévisible (incendie, inondation…).
- Impossibilité morale ou matérielle de formaliser un écrit, par exemple dans un cadre familial ou affectif.
- Copie fidèle et durable de l’original perdu.
Seuils de preuve selon le montant
- Moins de 1 500 € : la preuve peut être apportée par tout moyen (témoignages, courriels, relevé bancaire…).
- Plus de 1 500 € : la reconnaissance de dette est recommandée, mais en son absence, un début de preuve peut suffire sous certaines conditions.
Étape 1 : recouvrement amiable – la voie la plus efficace
Mise en cause / demande amiable
Envoyez une mise en cause, lettre de conciliation avec description précise du litige. L’emprunteur dispose de 8 jours pour répondre. Sans réponse, vous pouvez passer à l’étape suivante.
Lettre de mise en demeure
Adressez une mise en demeure en recommandé avec accusé de réception ou via huissier. Elle formalise votre demande et constitue un avertissement légal avant action judiciaire.
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Médiation ou conciliation
Pour les créances ≤ 5 000 €, la médiation ou conciliation est obligatoire avant toute procédure judiciaire. Cela permet de préserver la relation tout en engageant le dialogue.
Étape 2 : procédures judiciaires adaptées
Injonction de payer
Procédure simple et rapide : vous déposez une requête auprès du greffe du Tribunal judiciaire, sans audience si les preuves sont solides.
Référé-provision
Procédure d’urgence pour obtenir une provision immédiate sur la somme due, utile en cas d’impayé manifeste .
Assignation au fond
Procédure classique avec instruction complète (écrits, témoignages, preuves bancaires). Requise si la dette ou les responsabilités sont contestées par l’emprunteur.
Étape 3 : exécution forcée et sanctions
Obtention d’un titre exécutoire
Après jugement, un commissaire de justice (huissier) peut saisir les comptes, biens mobiliers, salaires, etc.
Intérêts moratoires
Le débiteur en retard s’expose au paiement d’intérêts de retard calculés selon le taux légal ou conventionnel.
Prescription : respect du délai légal
Le délai de prescription est de 5 ans, à compter du prêt ou du dernier remboursement partiel. Ce délai peut être interrompu par une reconnaissance de dette, une demande en justice ou un acte d’exécution.
🧭 Récapitulatif des étapes
| Étape | Objectif | Moyens |
|---|---|---|
| 1. Rassembler les preuves | Prouver l’existence du prêt | SMS, emails, relevés bancaires |
| 2. Amiable | Obtenir un remboursement sans tribunal | Mise en cause, mise en demeure, médiation |
| 3. Judiciaire | Formaliser la demande via la justice | Injonction, référé-provision, assignation |
| 4. Exécution | Faire appliquer la décision | Saisie par huissier |
| Prescription | Respecter les délais juridiques | 5 ans, interruption possible |
Liens utiles
- Article 1359–1362 Code civil (écrit requis) via Légifrance
- Article 2224 Code civil (prescription) via Légifrance
- Médiation obligatoire – Code de procédure civile